La newsletter hebdomadaire est prête depuis ce matin. Mais face aux nombreux messages reçus ces derniers jours de personnes s’inquiétant des conséquences de la tempête du jeudi 20 août, j’ai décidé de vous envoyer une édition entièrement consacrée à ce sujet. L’édition “classique” vous parviendra mardi, pour ne rien perdre de l’actualité locale.
Des rafales à 121 km/h
La vidéo est impressionnante :
Dans la nuit de jeudi à vendredi, Minorque a vécu l’un des épisodes de tempête les plus violents de ces dernières années. L’événement était annoncé, plusieurs alertes météorologiques avaient été activées en amont pour prévenir la population.
La tempête elle-même n’a donc pas surpris. Sa violence, si. Entrée par Ibiza vers 21 heures jeudi soir, elle a traversé Majorque avant de balayer Minorque du sud au nord aux alentours de minuit. Ciutadella, à l’ouest, n’en a vu que les éclairs au loin, C’est la zone Est de l’île qui a été la plus touchée.
À la station météo de l’aéroport de Mahon, une rafale de 121 km/h a été enregistrée vers 0 h 30.
Le bilan des interventions








Les pompiers des casernes de Mahon et Ciutadella ont réalisé 57 interventions au total : 32 pendant la nuit, 25 dans la matinée. Le Conseil insulaire de son coté a mené une douzaine d’interventions supplémentaires pour dégager les routes encombrées d’arbres tombés, de branches, de pierres et de végétation.
Au total, près de 70 interventions ont été recensées. Mahon, Sant Lluís, Es Castell et l’urbanisation de Cala en Porter concentrent la majorité de ces urgences.
Cala en Porter, épicentre des dégâts
C’est la zone qui concentre le plus de dommages. À l’hôtel Playa Azul, plusieurs pins de grande taille sont tombés sur les espaces communs, bloquant des dizaines de résidents dans leurs bungalows. Des baies vitrées ont volé en éclats. Les pompiers ont dû intervenir en urgence pour dégager les accès, avant que des entreprises spécialisées ne terminent le travail.
Le maire d’Alaior a parlé d’une situation « préoccupante, voire critique » dans cet établissement, tout en soulignant qu’aucun blessé n’y a été déploré. Des dégâts importants ont également touché les quartiers de Son Vitamina et La Argentina.
Cala en Porter a aussi été la zone la plus touchée par les coupures de courant. Sur les 1 600 clients privés d’électricité dans l’île (Cala en Porter, Es Castell, Els Vergers à Mahon, Ferreries), une dizaine restait encore sans lumière samedi après-midi, selon Endesa.
En mer aussi
La tempête n’a pas épargné les bateaux mouillés le long de la côte. À Binissafúller, un voilier s’est échoué et une vedette a coulé. La vedette a été renflouée samedi par une grue, le voilier devait suivre lundi. Le trafic aérien a également été perturbé : un vol Ryanair en provenance de Barcelone, déjà en approche, a dû faire demi-tour, entraînant l’annulation du vol retour Minorque-Barcelone.
Subaida
Un incendie s’est déclaré à Subaida (la ferme), maîtrisé par deux camions de pompiers en collaboration avec l’IBANAT, l’agence forestière des Baléares, sans gravité particulière. D’autres départs de feu, provoqués par la foudre, ont par ailleurs été maîtrisés rapidement entre Alaior, Arenal d’en Castell et Es Castell.
Où en est l’île aujourd’hui ?
Samedi, les municipalités affectées affichaient une normalité apparente : rues dégagées, circulation rétablie. Mais le plus gros du travail commence à peine pour les particuliers et les entreprises privées, notamment à Cala en Porter, où les assureurs vont devoir chiffrer un nombre important de sinistres : toitures effondrées, clôtures arrachées, murs mitoyens endommagés.
Un groupe de résidents britanniques, particulièrement touché, envisage une action collective pour demander une aide financière institutionnelle.
Pourquoi une tempête aussi violente en plein été ?
La violence du phénomène n’a rien d’un hasard. Cette nuit-là, la température a chuté de près de 10°C en quelques minutes, et la station météo de l’aéroport de Mahon a mesuré 7 litres d’eau par mètre carré en seulement dix minutes, en plus de la rafale à 121 km/h. Un choc thermique et pluviométrique brutal, confirmé par les relevés de l’AEMET, l’agence météorologique espagnole, pour les Baléares.
L’explication tient à la température de la mer. Avec une conséquence directe : une mer aussi chaude fonctionne comme actuellement, fonctionne tel un réservoir brutal d’énergie. Cette masse d’eau surchauffée, au contact d’une entrée d’air froid en altitude et démultiplie la violence de l’orage.
Les spécialistes avaient déjà anticipé ce phénomène dès le mois de mai. Pour eux, la tempête de jeudi n’est qu’un simple avant-goût d’autres épisodes à venir, peut-être même dès cette année. Leur analyse est inquiétante, avant une phrase à retenir : “ce type d’événement va devenir de plus en plus fréquent”.


